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Amazon, le point sur la stratégie logistique en France

, par Erick Demangeon

Temps fort du salon SITL qui vient de fermer ses portes, Ronan Bolé, président d’Amazon France Logistique, a fait le point sur la stratégie du géant américain en France. Au menu : robotisation, capillarité du réseau, service Prime Now, livraison…

Soutenir une croissance de l’ordre de 30 % par an et respecter la promesse client en termes de délai. Telles sont les deux priorités qui guident le développement du réseau logistique d’Amazon en France. « Notre site français compte 250 millions de références. Pour donner un délai fiable, la provenance des produits est immédiatement identifiée lors de la commande ainsi que les temps de toutes les opérations nécessaires pour livrer le client », explique Ronan Bolé.

47 centres de distribution en Europe

Lorsque le ou les produits commandés sont en stock dans l’un de ses 5 centres de distribution nationaux, « il faut 2 h au colis préparé pour être sur le quai d’expédition. En période normale, le dernier véhicule quitte nos sites vers 21 h. Lors de pics d’activité, où en 2017 nous avons reçu jusqu’à 2 millions de commandes en une seule journée, nos centres peuvent fonctionner H24 7j/7 avec des départs toute la nuit ». Sachant que l’ensemble des références sont stockés dans 47 centres de distribution en Europe, certaines commandes utilisent ses transferts inter-centres quotidiens. « A raison d’une moyenne de 2 articles par commande, une consolidation dans un même colis est réalisée avant toute livraison finale pour simplifier la vie de nos clients ». Tant et si bien que si Amazon communique sur ses délais courts, la grande majorité de ses livraisons sont effectuées en J+1 minimum.

1er site robotisé à Brétigny

Déclarant un investissement de plus de 2 Mds€ en France depuis 2010, la robotisation du 6e centre de distribution d’Amazon, qui ouvrira ses portes en fin d’année à Brétigny-sur-Orge, entend réduire ces délais. Cet équipement croise en effet l’offre de livraison le jour même proposée à Paris et dans plusieurs communes franciliennes (proposée aussi à Lille et Lyon). Fournis par sa filiale Amazon Robotics (ex Kiva Systems racheté en 2012 pour 770 M$), 2 000 robots « tortues » seront installés en France.
Fournis par sa filiale Amazon Robotics (ex Kiva Systems racheté en 2012 pour 770 M$), 2 000 robots « tortues » contribueront à relever ce défi. Premier centre par sa taille avec 142 000 m2 sur 3 étages, Brétigny sera aussi le premier site français du groupe à être robotisé avec cette technologie. Laquelle équipe déjà 25 de ses centres de distribution dans le monde dont une dizaine en Europe comme à Dunstable au Royaume-Uni où le record de préparation à l’aide de robots est de 18 minutes !

Densification du stockage

A Brétigny, les robots interviendront sur les zones de stockage et de prélèvement. « L’innovation Robotics réside dans la capacité des robots à communiquer entre eux et à se déplacer ensemble de façon coordonnée » au moyen de lectures QR codes au sol. A chaque commande, un robot aura pour mission de ramener selon un principe « Good to man » l’étagère contenant le produit commandé à un préparateur fixe. D’une capacité de levage jusqu’à 140 kg et d’une autonomie de 8 h, sa forme lui permet en effet de se glisser sous l’armoire puis de la soulever. « Leur emploi limitera les déplacements et la pénibilité des opérateurs », souligne Ronan Bolé. En plus de diviser par 2 le temps consacré au picking, ils permettront de densifier le stockage par la réduction des zones de vide et allées, et d’héberger ainsi plus de références. Selon Amazon, cette technologie augmenterait la capacité de stockage de 50 % au m2.

7 500 « associés » fin 2018

L’ouverture de Brétigny portera à 500 000 m2 les surfaces logistiques exploitées par Amazon en France. Bien que robotisé, le site embauchera un millier de personnes en CDI dans les 3 ans après son ouverture. « Amazon emploie 566 000 collaborateurs dans le monde dont 65 000 en Europe où nous avons créé 15 000 emplois l’an passé après 10 000 en 2016 ». Cette dynamique se vérifie en France où après le recrutement de 1 500 personnes en 2017, Amazon annonce la création de 2 000 emplois cette année portant son effectif national à 7 500 collaborateurs d’ici fin 2018. « Nous avons ouvert une succursale en France en 2015 à travers laquelle nous acquittons nos charges et taxes ». Et de préciser : « Nos opérateurs gagnent 23 % de plus que le SMIC au bout de 2 ans, reçoivent une participation, un 13e mois, et des actions Amazon lors de leur recrutement puis chaque année. Elles sont cessibles au bout de 2 ans ».

Granulométrie du réseau

Sur les 5 centres de distribution opérationnels à ce jour en France à Beauvais, Saran, Sevrey, Lauwin-Planque et Montélimar, 2 se distinguent : « Sevrey est dédié aux articles textiles et chaussures. Sa zone de chalandise couvre le sud de la France, l’Italie et l’Espagne. De son côté, Montélimar est spécialisé dans la gestion des petits appareils ». En France, Amazon compte également un pole de recherche sur les drones à Clichy, deux centres de tri à Lille et à Orléans, 7 agences de livraison, dont la dernière ouverte, en janvier, à Saint-Priest près de Lyon, et demeure actionnaire minoritaire au sein de Colis Privé.
A l’instar des centres de distribution, le nombre des agences de livraison est à l’étude. « La capacité à livrer vite dépend de notre maillage du territoire et de la collaboration avec nos prestataires avec qui nous continuerons à travailler », insiste Ronan Bolé. Quant au service de livraison sous 2 h « Prime Now » disponible à Paris et ses environs, il s’appuie sur une organisation propre et un référencement limité à 30 000 articles haut de gamme. « Nous mettons notre logistique à la disposition de partenaires à l’image de Fauchon » pour lequel Amazon assure l’enlèvement et la livraison dans la foulée.

Un modèle économique qui continue d’évoluer

En juin 2017, le groupe américain a procédé au rachat du distributeur « physique » Whole Foods pour 13,7 Mds$. De l’aveu de responsable, « il s’agit d’un tournant majeur dans notre stratégie ». Mais comme Kiva Systems en son temps, une éventuelle déclinaison en Europe voire en France ne semble pas d’actualité pour l’heure…

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