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Emballage, le coût logistique et écologique du vide

, par Erick Demangeon

Selon DS Smith Packaging, 24 % des conteneurs maritimes transporteraient du vide et 43 % des colis e-commerce. Des gisements de productivité et d’optimisation des coûts comme des émissions de CO2 sous-estimés.

Quel est l’espace vide transporté dans les conteneurs maritimes et dans les colis du e-commerce ? Pour répondre à cette question, le spécialiste de l’emballage DS Smith Packaging a mené l’enquête avec le concours de Forbes Insights, la cellule de recherche stratégique du groupe Forbes Media. Autour de sept familles de produits (bricolage, vêtements et chaussures, jouets, articles de décoration, verrerie et accessoires de cuisine, textiles intérieurs et petits appareils ménagers), ses résultats ont été soumis à l’analyse de 370 cadres d’entreprise à travers le monde.

Des gains potentiels de 46 Mds$

Sur la base de transports maritimes entre l’Asie, l’Europe et les Etats-Unis, l’étude évalue à 24 % le taux moyen d’espace vide dans les conteneurs ; un taux proche de l’estimation faite par les cadres interrogés (25 %). Selon les catégories de produits ciblés à l’origine de près de 6 % des échanges mondiaux maritimes conteneurisés, les écarts varient entre 7 à 35 %. Par extrapolation, DS Smith en déduit que le transport de 61 M EVP pourrait être ainsi évité chaque année par une chasse au vide dans les conteneurs. « Chaque année, cela représenterait une économie de 122 Mt de dioxyde de carbone soit l’équivalent des émissions annuelles de CO2 de la Belgique ou de l’Argentine », selon Marc Chiron, directeur commercial et marketing de DS Smith. En termes financiers, cette chasse au vide dans les conteneurs maritimes représenterait un potentiel d’économies de 46 Mds de dollars US !

L’équivalent de 2 Mds de colis vides

Alors que les cadres interrogés évaluaient également à 25 % le taux moyen de vide dans les colis du e-commerce, l’enquête démontre qu’il s’élève plutôt à 43 %. Sur ce segment, on constate de plus grands écarts selon les catégories de produits allant de 18 % pour les vêtements et chaussures à 62 % pour les articles de verrerie et accessoires de cuisine. A l’échelle de l’Europe où 4,2 Mds de colis e-commerce sont recensés, « ce sont donc près de 2 Mds de colis qui transportent du vide », calcule Marc Chiron. « Une réalité largement sous-estimée ».

Quels enseignements ?

Si 70% des responsables supply chain sondés déclarent avoir conscience des gains liés à l’optimisation des emballages, ils ne sont plus que 39 % à reconnaître que c’est un axe de progrès pour leurs dirigeants. Au-delà, les résultats de l’enquête dans le maritime identifient de réels gisements de productivité et d’optimisation pour les commissionnaires proposant des conteneurs de groupage LCL ; même si les calculs de l’enquête ne tiennent pas compte du poids qui peut être un facteur limitant à l’optimisation des volumes utiles. Quant aux colis e-commerce, le mode de facturation souvent au poids des messagers, monocolistes et expressistes ne plaide pas toujours à la maximisation des volumes. Or, cette optimisation améliorerait les taux de remplissage de leurs véhicules avec, à la clé, une réduction des émissions de CO2 sur les transports du e-commerce. Quoi qu’il en soit, DS Smith appelle les entreprises à se pencher très en amont sur la question des emballages des produits dans une approche transversale impliquant toutes leurs fonctions.

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