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Fluvio-maritime, un marché de niche

, par Erick Demangeon

Avec un trafic de 90 Mt en Europe, le fluvio-maritime demeure un transport spécialisé et adapté à quelques segments de marchandises, zones et itinéraires précis. Tels sont les enseignements de la première étude sur cette technique à l’échelle du continent.

Que représente le transport fluvio-maritime de marchandises en Europe ? Jusqu’à ce jour, seules des estimations limitées à quelques zones géographiques livraient des réponses partielles à cette question. Dans le cadre de son travail d’analyse pour ou en partenariat avec les autorités européennes, la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR) a comblé ce vide aujourd’hui.

De fortes contraintes

Transport effectué sur des voies de navigation intérieure et en mer, le fluvio-maritime supprime les transbordements et les ruptures de charge entre ces deux « réseaux ». Réduction des coûts et des risques de dommage, gain de temps sont les principaux avantages liés à cette facilité qui s’accompagne aussi de contreparties restrictives. Les navires utilisés doivent respecter les règles environnementales maritimes plus les conditions de navigation fluviale spécifiques à chaque pays. Du coup, l’essentiel de la flotte fluvio-maritime européenne est conçue pour être exploitée dans une zone géographique précise limitant leur polyvalence. Optimisée autant que possible pour une navigation fluviale « toutes saisons », la taille des navires exploités est également dimensionnée à la capacité des tronçons fluviaux empruntés. Ces facteurs « rendent difficiles les économies d’échelle » reconnaît l’étude.

8 % en France

Ces caractéristiques sont sans doute à l’origine du faible trafic fluvio-maritime en Europe. Sur un total de 90 Mt soit, à titre comparaison, le tonnage traité par Haropa sur l’axe Seine, la moitié est réalisée au Royaume-Uni sur les estuaires de la Tamise et de la Humber, la rivière Forth en Ecosse et le canal de Manchester. Suivent la Russie (25 Mt), l’ensemble Suède/Finlande (8 Mt sur des trajets « mer-lacs » pour l’essentiel), le duo Belgique/Pays-Bas (6,5 Mt) puis la Roumanie à l’embouchure du Danube. Equivalent à l’Allemagne où l’activité fluvio-maritime est organisée principalement autour de Duisbourg, le trafic français est estimé à 750 000 t concentré sur la Seine et le Rhône. Les deux-tiers sont à l’export.

Quelles marchandises ?

Les produits sidérurgiques et métalliques (acier, ferrailles…) rassemblent la première catégorie de marchandises transportée par fluvio-maritime autour d’échanges entre l’Europe continentale, le Royaume-Uni et la Scandinavie. Produits forestiers, agricoles et matériaux de construction composent les autres familles de marchandises à l’image des routes fluvio-maritimes françaises reliées également aux pays riverains de la Méditerranée (Turquie et Afrique du Nord).


Voir en ligne : Etude CCNR sur le transport fluvio-maritime

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