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Le « machine learning » gagne les chaines de tri

, par Erick Demangeon

Viapost, filiale logistique du groupe La Poste, utilise depuis peu un système auto-apprenant pour améliorer le taux de lecture des étiquettes sur la chaîne de tri de son entrepôt de Chelles (Seine-et-Marne).

Le site logistique Viapost de Chelles est un centre de routage pour la presse magazine issu du rachat de la société STP il y a quelques années.
Mais en raison de la baisse des volumes de la presse, il a vu ses prestations s’enrichir du traitement des courriers volumineux et des petits colis internationaux à l’import pour le compte de sa maison-mère La Poste.

Plus grand site Viapost en France avec ses 25 000 m2, l’augmentation des flux à traiter dans l’univers postal l’a conduit à équiper sa chaîne de tri d’un système de reconnaissance de caractères (OCR) doté d’une intelligence artificielle capable d’améliorer et de maintenir un taux élevé de lecture des étiquettes, codes postaux et adresses.

Normes IPC

Les flux postaux traités à Chelles sont soumis aux règles de l’International Post Corporation (IPC) qui, pour contrôler la qualité de service de ses membres, place des tags RFID de façon aléatoire dans les envois internationaux.
Cette organisation impose à tous ses adhérents de s’équiper en portiques RFID à chaque étape de leur chaine de distribution pour réaliser des statistiques et des indicateurs de performance.

Les règles IPC ne normalisent pas en revanche le positionnement des informations telles que l’adresse avec le code postal sur les courriers et colis, essentielle pourtant dans le traitement automatisé de ses membres dont du groupe La Poste et de sa filiale Viapost.
Laquelle s’appuie en effet à Chelles sur un traitement automatisé à 97 % tandis que les 3 % restant sont gérés manuellement pour des raisons de poids (plus de 2 kg), formes et/ou de dimensions. Ces flux sont traités par des opérateurs équipés d’un système de préparation vocale conçu par Viapost.

Auto-apprentissage des systèmes automatisés

Après réception sur le site de Chelles qui fonctionne en 3/8 avec 500 à un millier de personnes selon les périodes, les conteneurs de petits colis et de courriers sont reversés au moyen d’un dispositif mécanisé sur-mesure, créé par Viapost et Manergo qui alimente les postes d’injection. Là des opérateurs positionnent les plis et colis de façon à faire apparaître les coordonnées de destination et retirent les produits non mécanisables.

Avec une cadence de 20 000 objets/heure, la chaîne de tri aménagée par Fives comprend un système de lecture OCR développé par Sick qui scanne les coordonnées lors de leur passage à 2 m/s. « Le taux de lecture est de 82 % et s’améliore de façon permanente grâce à l’auto-apprentissage de l’OCR », explique Lysian T’Sjoën, directrice du réseau logistique de Viapost.

Appelés à diminuer, les 18 % restant font l’objet d’un tri par « vidéo-codage » manuel après être sortis de la chaîne de tri automatisée. Avec un taux de non lecture sensiblement inférieur, la presse magazine emprunte une autre chaine mécanisée de même cadence.
Ouvert H24, 7j/7, le site de Chelles compte jusqu’à 220 mouvements de poids lourds entrées/sorties par jour !

Tri à l’adresse

Cette phase de tri au code postal achevée, les liasses de presse et courriers sont expédiés directement vers les centres postaux localisés en Ile-de-France et dans le nord de la France ou vers un hub à Chilly-Mazarin alimentant les centres postaux localisés dans la partie sud de la France.

Quant aux colis, ils sont acheminés vers un autre site Viapost de 18 000 m2 à Saint-Thibault-les-Vignes également en Seine-et-Marne qui emploie plus de 170 personnes. Là, les colis postaux rejoignent ceux traités pour des e-commerçants et subissent un nouveau tri à l’adresse cette fois. Conçues sur-mesure par Viapost, les chaînes de tri mécanisées y traitent des colis jusqu’à 25 kg à une cadence de 6 500 objets/heure.

« Le taux de lecture automatisée y est de 90 % environ », précise Lysian T’Sjoën sachant que, comme à Chelles, les systèmes OCR déployés améliorent régulièrement leurs performances par machine learning. Ils sont complétés par des dispositifs manuels de « vidéo-codage » et pour le traitement des colis hors gabarit.

A l’issue de ces tris « au dernier kilomètre », les colis regroupés dans des conteneurs et rolls subissent un ultime contrôle automatisé via la lecture de leurs codes-barres avant d’être expédiés vers 1 250 centres de distribution postaux.

La maintenance industrielle aussi

Intégrées depuis 2016 à une démarche Lean Management baptisée Apollo, l’ensemble des expertises de Viapost (routage, e-logistique, organisation de transport…) sont proposées aussi à des clients tiers.

Cela, avec la possibilité, pour la logistique, de configurer les outils mécanisés sur leurs sites de ces derniers ou sur les 24 plateformes nationales du réseau Viapost. Dès lors les systèmes mécanisés ont pris une place importante dans la stratégie de l’entreprise. Logiquement Viapost a décidé il y a un an d’incorporer les prestations de maintenance industrielle à son offre de services.

« A la mission ou affectés sur site client, nos 25 techniciens sont formés aux systèmes mécanisés quels que soient leurs marques : trieurs, basculeurs, transitique, convoyeurs, portiques de lecture, OCR, WCS… » déclare Arnaud Saint-Guilhem, son directeur général.
A l’issue de son premier exercice, la maintenance industrielle représente un million d’euros sur un chiffre d’affaires 2018 de 580 M€ ventilé à quasi-parité entre la logistique et le transport.

Le magazine et les hors-séries

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