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Manitou, le déconfinement juste à temps

, par Luc Battais

Le groupe d’Ancenis a réussi à maintenir les livraisons des pièces de rechange critiques pendant les deux mois de confinement. Mais Maxime Deroch, président de la division S&S (Services et Solutions), explique qu’il était temps que l’activité reprenne.

Chez Manitou, en France, l’activité industrielles s’est arrêtée le 17 mars. Maxime Deroch, président de la division Services et Solutions explique qu’il avait été décidé que la livraison aux concessionnaires des pièces de rechanges critiques, considérée comme activité essentielle, serait maintenue notamment pour l’agriculture. Mais la découverte de deux cas possibles de Covid 19 dans les bureaux de l’entrepôt ont conduit à l’arrêt immédiat du centre de pièces de rechange. « Les cas d’infection ne seront pas confirmés par la suite, mais les gens sont venu nous dire qu’ils souhaitaient arrêter le travail. Dès le 18 mars nous avons eu des discussions avec les partenaires sociaux de l’entreprise, avec la médecine du travail, qui ont abouti à une vingtaine de mesures sanitaires. Cela a permis de redémarrer l’activité avec une dizaine de personnes sur la base du volontariat. L’entrepôt emploie habituellement une centaine de personnes, nous avons décidé de ne préparer et expédier que les commandes urgentes en priorisant le secteur agricole. » Progressivement le reste des employés est revenu pour atteindre près de 100% de l’effectif en passant par un période où près d’une soixantaine de personnes au total sont venues travailler pour des périodes de quelques jours parfois.

De 6 à 7000 commandes par jour nous sommes passés à 2000 mais nous avons tout livré

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Maxime Deroch, président de la division S&S (Services et Solutions)
Photo Manitou

«  Le niveau des commandes a baissé pour atteindre 1/3 de son niveau habituel, mais il ne s’est pas effondré » indique Maxime Deroch. « Nos machines sont connectées et nous avons rapidement mis en place un indicateur pour savoir en moyenne combien d’heures d’activité elles effectuent. Cela nous a permis d’établir une corrélation étroite entre le taux d’utilisation des machines et le niveau de la demande de pièces de rechange ; nous avons suivi environ 10 000 machines dans le monde et nous nous sommes aperçus qu’en agriculture il ne s’est rien passé ; les machines ont effectué le même nombre moyen d’heures que les années précédentes. En revanche dans la construction il y a eu une baisse d’activité de 55% »

Conteneurs bloqués dans les ports

Les expéditions urgentes ont été effectuées à partir des pièces en stock car pendant le confinement il n’y a pas eu de réception et donc pas de mise en stock. Maxime Deroch considère toutefois que le taux de disponibilité directe ( la pièce est en stock et peut être expédiée le lendemain de la commande) de 96% des pièces de rechanges pour toutes les machines de toutes les gammes a permis de « tenir le coup » auprès des concessionnaires. « Mais nous avons mis un mois et demi avant de pouvoir reconstituer notre niveau de stock ».
L’organisation des pièces de rechange chez Manitou s’organise autour de 9 sites logistiques dans le monde, 4 (France, Italie, USA et Inde) sont proches de centres de production. Ils achètent et distribuent. Les 5 autres reçoivent des 4 centres pour distribuer dans leur région.
« Nos dépôts ont été confrontés au problème des conteneurs bloqués dans les différents ports, qu’on n’arrivait pas à expédier ou à recevoir. Essentiellement sur les routes Chine France et France Etats-Unis, mais cela avait commencé avant la pandémie en France avec les grèves dans les ports. Tout ce qui était flux aérien a grosso modo tourné pendant la crise même si les prix ont explosés et restent à un niveau élevé. »

Reconstitution des stocks

Aujourd’hui la production a repris et l’entreprise ne constate pas de manque de composants. « Au niveau des pièces de rechange la situation est identique » explique Maxime Deroch, « nous avons une dizaine de fournisseurs que nous suivons de très près en Grande-Bretagne et en Italie notamment mais aussi dans le monde entier. Pour l’instant ça passe. Je pense que 2 mois c’est ce que peut tenir en tension une chaîne logistique comme la nôtre avec le stock en cours d’acheminement. Un confinement plus long aurait créé une situation plus compliquée, même si je pense que les difficultés risquent de surgir maintenant. Tous nos acheteurs sont sur le pont pour regarder ce qui se passe avec nos fournisseurs, pour l’instant nous n’avons pas de grosse alerte. »
Maxime Deroch voit dans cette situation l’avantage d’une supply-chain courte qui privilégie les fournisseurs locaux dans les pays où l’entreprise est implantée. « Le plus difficile est aujourd’hui de redémarrer la réception et la mise en stock parce que c’est le maillon de la chaîne qui s’est totalement arrêté. D’autant que nous devons préparer le stock pour les congés d’été, c’est-à-dire prévoir la fermeture d’un certain nombre de fournisseurs. »

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