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L’impératif de la simplification

, par La rédaction

... « Simplification de la gouvernance, meilleure intégration industrielle de l’entreprise, refonte de la politique d’achat, réductiondrastique de coûts »...

Le plan Power 8 commence tout de suite ». C’est en ces termes que Louis Gallois a pris les commandes d’Airbus, donnant implicitement raison à Christian Streiff, son prédécesseur malchanceux qui prônait un électrochoc pour EADS : simplification de la gouvernance, meilleure intégration industrielle de l’entreprise, refonte de la politique d’achat, réduction drastique de coûts (30 % en quatre ans)...

Les propos de Christian Streiff ne sont pourtant pas très loin d’un Carlos Ghosn lors de la présentation de son plan pour 2009, lequel se traduira par une réduction de 9 % des coûts logistiques (lire p. 32 et suivantes). Mais ils ont effrayé parce que l’organisation industrielle d’EADS était fondée non sur l’efficacité, mais sur la préservation des équilibres politiques entre états.

Au patriotisme économique s’est en outre juxtaposée une complexité technique largement sous estimée. Ainsi, la conception des avions à double plancher n’a fait que décupler la complexité de la configuration
des appareils.

L’usine de montage et de câblage des tronçons de l’A380 de Hambourg, dotée d’une hiérarchie parallèle,
a pu ainsi impunément se passer du système Circé de Conception Informatisée Rationalisée des Câblages Electriques. Un système théoriquement connecté à la gestion de configuration des avions, elle-même raccordée à l’ERP SAP, à qui revient finalement la tâche de passer commandes des pièces dont Airbus a besoin.

D’où l’accumulation de retards non forcément identifiés au départ, mais dont la somme se chiffre à
deux ans aujourd’hui.Nous sommes donc loin de l’euphorie du lancement de l’A380 à Toulouse en janvier 2005 mais aussi loin du modèle de l’entreprise européenne modèle qui pèche essentiellement par un système d’information insuffisamment intégré.

Mais quelle entreprise de cette taille peut se targuer de disposer d’un tel système ? Le 16e congrès du CPIM de France (lire p. 6 et7) a été l’occasion de saisir cette complexité industrielle et l’impératif de la simplification qui en découle nécessairement. « La stratification progressive des systèmes d’information et le cloisonnement inhérent à la taille et à la complexité du groupe ont créé des freins et des obstacles à la circulation de l’information, qui est pourtant le sang dans les artères de l’entreprise », expliquent Hervé Galon, vice président du Supply Chain Planning et Jean-François Grolier, directeur Cluster Opération de...
Schneider Electric.

Faire parler d’une seule voix 206 usines et 124 centres de distribution dans le monde relève de la gageure, malgré la standardisation des process et la mise en place de « best practices ». Toute entreprise est confrontée à ce problème un jour. C’est aujourd’hui au tour d’Airbus et sans doute au Supply Chain Management de fournir une réponse adéquate. A défaut d’avoir anticipé...

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