Le Grand port maritime Marseille-Fos (GPMM) veut reconquérir la place de premier port méditerranéen et devenir une alternative crédible aux ports du Nord.
"Pendant des années, le port a été victime de sa mauvaise réputation. Or nous n’avons connu aucun mouvement social depuis trois ans", constate Jean-Marc Forneri, président du conseil de surveillance du GPMM, qui a arrêté le projet stratégique du port pour la période 2014-2018. Un port qui marque des points puisque le trafic, toutes activités confondues, a progressé de 1 million de tonnes de marchandises par rapport à 2013. Ce sont notamment les conteneurs qui expliquent cette progression. La hausse du trafic d’EVP est de 7% en 2014, au dessus de la moyenne des ports du range nord (+2,5%) mais aussi au dessus des ports européens du range sud (+4,5%). Et le phénomène est encore plus flagrant sur les terminaux de Fos qui progressent de 10% en 2014.
Pour expliquer ce succès récent, Christine Cabau- Woehrel l’explique par une situation géographique exceptionnelle, accompagnée d’un domaine foncier remarquable de 10 000 hectares à Fos et 400 hectares à Marseille. De quoi voir grand pour cet aménageur qui veut prioriser le ferroviaire. Le transport ferroviaire de conteneurs a en effet progressé de 14% pour atteindre pratiquement les 100 000 EVP. La part modale du ferroviaire aproche les 9% avec de nouvelles destinations comme Gevrey, Saint Etienne ou Cognac et le port cherche à étendre son hinterland avec des dessertes européennes en renforçant l’axe Marseille-Paris-Dourges-Anvers. Mais le trafic fluvial de conteneurs progresse aussi de 22% par rapport à 2013, pour une part modale du fleuve passée de 7,4% en 2013 à 8,4% en 2014.
Le premier axe stratégique du GPMM est de s’affimer "comme un architecte de solutions logistiques et industrielles compétitives et adaptées". Il voit très bien le conteneur poursuivre cette progression de 7% par an pour atteindre 1,5 million d’EVP en 2018. Pour parvenir à l’ensemble de ses objectifs, il compte ainsi investir 360 millions d’euros en cinq ans dont 190 millions pour soutenir de nouveaux projets avec le soutien financier de l’Etat et des collectivités. Ses projets tournent notamment autour du terminal de transport combiné de Mourepiane pour l’accueil de trains longs en 2017, de la création d’un terminal d’autoroute ferroviaire à Marseille en 2018, de l’aménagement des infrastructures des terminaux à conteneurs et des développements logistiques qui passent par l’achèvement de la viabilisation de la plateforme de la Feuillane.



