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Vaccins Covid, une logistique « zéro perte et zéro gaspillage »

, par Erick Demangeon

A l’invitation du Cemafroid, GSK, Sanofi Pasteur et OCP ont partagé leurs premiers retours d’expérience de la chaîne du froid des vaccins anti-Covid. Un acheminement rendu difficile par la diversité des sérums et de leurs températures.

Les laboratoires GSK et Sanofi Pasteur ainsi que le répartiteur pharmaceutique OCP ont partagé leurs analyses le 30 mars sous couvert d’un cadre général national rappelé par Walter Arnaud, responsable du pôle logistique chargé des campagnes de vaccination Covid au ministère des Solidarités et de la Santé. Ce cadre général se résume par une priorité : « Zéro perte et zéro gaspillage, chaque dose de vaccin doit être utilisée ». Cette exigence impose « zéro perte due à une rupture de la chaîne du froid », l’un des principaux enjeux logistiques des campagnes et de la distribution des vaccins en cours. Les volumes à distribuer en quelques mois sont impressionnants :

vaccination de 41 millions de personnes avant la fin de l’été 2021 avec environ 40 millions de doses Cominarty (nom commercial du vaccin Pfizer-BioNTech), un peu plus de 30 millions de doses AstraZeneca, environ 12 millions de doses Moderna et quelques millions de doses du vaccin Johnson & Johnson.

Gestion des températures

Pour Véronique Jung d’OCP, le premier défi logistique provient « de la diversité des vaccins et l’hétérogénéité de leurs températures ». S’ajoutent « des contraintes de manipulation, des quantités limitées et les enjeux liés au déconditionnement et aux livraisons ». Sur l’ensemble de cette chaîne, Fabian de Paoli de GSK distingue « les températures de conservation principale et avant utilisation ». Les premières sont entre – 90 et – 60°C durant 6 mois pour le vaccin Pfizer-BioNTech, entre - 25 et - 15°C pendant 7 mois pour Moderna, et entre 2 et 8°C pendant 6 mois pour AstraZeneca. A ces températures, « le transport est réalisé avec des emballages isothermes préconditionnés et réfrigérés. Si le transport congelé est impossible, il est alors réalisé entre 2 et 8°C sur une durée maximum de 8 h, une seule fois et de façon documentée », précise-t-il.
Quant aux températures avant utilisation, elles sont toutes entre 2 et 8°C mais sur des durées variables : « 5 j pour le Cominarty (Pfizer-BioNTech), 30 j pour Moderna et de 6 mois pour le sérum AstraZeneca. Ces durées intègrent le transport de distribution ».

Planification sous contraintes

Ces températures de conservation principale et avant utilisation conditionnent l’organisation des centres de vaccination sur le terrain. La gestion du vaccin Pfizer-BioNTech est de loin la plus contraignante explique Eric Stener de Sanofi Pasteur : « Stocké à l’aide de « super-congélateurs » à l’hôpital, le centre contacte l’ARS ou l’hôpital pour connaitre les doses disponibles et organise son planning de vaccination en conséquence. Les doses sont alors transférées à l’officine la plus proche avant le jour de la vaccination puis vers le centre le jour de la vaccination à une température entre 2 et 8°C. Là, elles sont stockées dans une armoire à cette température. Après reconstitution du vaccin, le praticien dispose de 2 h pour injecter les six doses du flacon ».
Déjà à 2-8°C sur l’ensemble de sa chaîne et bénéficiant d’une durée de conservation plus longue à cette température, la logistique du dernier kilomètre du sérum AstraZeneca est considérée comme « beaucoup plus facile » par Eric Stener.

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